Depuis le début du mois, j’inscris une nouvelle activité à mon domaine de compétence : aquarelliste en direct. En effet, je croque des portraits en pied lors de vos événements : fêtes de famille, événements en entreprise, séminaires, conférences ou autres… Egalement, je décline cette nouvelle activité sur le chemin de Compostelle. En effet, Lescar est une ville étape. Aussi, j’invite les marcheurs à pauser en mode pèlerin afin de leur offrir un souvenir très personnalisé de leur aventure sur le chemin.
En format discret ou en format théâtralisé, lors de ma nouvelle activité, aquarelliste événementiel, je saisis à la mine graphite avec quelques touches d’aquarelle, les personnes. Mon objectif n’est pas de faire un portrait détaillé. Il est plutôt de restituer une situation singulière, son âme, avec des personnes en pause et saisies sur le vif.
Très belle expérience créative
Egalement, ce début d’année, le refuge Saint-Jacques de Lescar m’a invitée à créer un visuel pour fêter les 30 ans de l’association.
En suivant le lien vers ma chaîne You Tube, découvrez le visuel : 30 ans d’accueil
Ma démarche artistique
Du fait de sa taille (140 x 140 cm), afin qu’il soit lisible de loin, intentionnellement j’ai pris le parti de ne pas charger le visuel en pigments. Ainsi, j’ai retenu 3 couleurs aux multiples nuances, le jaune, le bleu et le rouge. Pour moi, leur choix fait sens.
À gauche, deux marcheurs s’apprêtent à franchir le pas de la porte du refuge Saint-Jacques. Sous leurs pieds, une immense flèche jaune émerge pour traverser le visuel et vous faire face. Elle est dans l’une des deux tonalités du balisage européen. L’autre tonalité, le bleu, m’a permis le traitement des bâtiments. Ainsi, je place le refuge dans le maillage européen des itinéraires culturels sans pour autant respecter scrupuleusement le pantone. Egalement, la flèche lie deux époques : le XXIème siècle à celle de la naissance du chemin. Sous la pointe de flèche, dans une vitre opaque, j’ai incrusté un mystérieux personnage.
Lui, c’est le petit chasseur maure
À même le sol, il dort dans l’abside de la cathédrale de Lescar.
Il se dit qu’il fut fait prisonnier, dans des temps très reculés, en terre hispanique quand Musulmans et Chrétiens se faisaient face quelque part sur la frontière tracée par le Camino francès. Le chef de croisade et évêque de Lescar, Guido, le ramena dans un de ses butins de guerre. Plus tard, affranchi, le petit chasseur maure aurait couru le gibier très foisonnant en Béarn.
Est-ce sa forte singularité qui encouragea les artistes bâtisseurs de l’édifice à l’inclure dans la mosaïque décorative ?
À lui seul, le petit chasseur maure symbolise ce chemin inter-culturel ouvert au Moyen Age. Aussi, pour traduire son intemporalité, je l’ai mis en bleu de Lectoure, un indigo très profond comme infini. Reprenant le jaune du balisage, j’ai détourné la vocation meurtrière de son arc. Ainsi pacifiée, sa flèche nous invite à suivre le chemin… vers Saint-Jacques comme l’affirme la coquille que j’ai suspendue à son ceinturon.
Par ailleurs, j’ai mis quelques touches de rouge. Ainsi, je compose avec une teinte fort présente sur les itinéraires, balisage du GR, blason de Lescar… mais également la composition bénéficie d’une touche de chaleur qui caractérise l’âme du chemin.
Buen camino ! Cécile, mars 2025